Comment faciliter l’accès aux centres de santé aux populations éloignées des centres urbains ? Question difficile à répondre surtout dans certaines régions où les routes et pistes rurales sont difficilement praticables. En plus, les handicaps sont multiples, passant de l’entretien des ambulances dans ces localités à l’état des routes. C’est dans cette optique que des tricycles de secours ont été offerts à des populations des localités reculées dans le Vo. C’est la phase test d’une initiative du gouvernement, qui est censée doter les autres cantons et campagnes de Vo de ce moyen de secours.

Il convient de préciser que cela ne pourra en aucun cas se substituer à des ambulances quatre roues mais au moins, soulager un temps soit peu, le calvaire aux malades et femmes enceintes des campagnes.

Quand les tricycles sauvent des vies

Kodjoto Amegnran n’a pas caché sa joie quand il appris les dons d’ambulances tricycle lors de la fête traditionnelle à Vogan. Malheureusement, c’est une triste histoire il y a deux ans qui explique sa joie. Il se rappelle de ce soir là, appelé au secours par sa femme enceinte de 8 mois prise par des douleurs. Il n’avait d’autre choix que de la prendre sur son vélo pour l’amener à l’hôpital de Vogan. C’était la saison pluvieuse et le tronçon Vokoutime – Vogan était difficilement praticable. « En cours de route, ma femme est tombée du vélo, les contractions ont été très fortes et s’en est suivi l’accouchement sur le chemin de l’hôpital », a raconté Kodjoto. Et c’est dans ces conditions que sa femme est décédée avant d’atteindre l’hôpital. L’histoire de cet homme n’est pas loin de celle de bon nombre de personnes dans la région et dans le pays. Cette ambulance à trois roues, si elle existait aurait pu sauver à sa femme.

En Novembre 2014, alors que nous étions en plein tournage à l’intérieur du pays, sur l’accouchement traditionnel qui continuaient par se faire de façon clandestine et ce pour plusieurs raisons dans des coins reculés du pays, nous avons croisé un véhicule tricycle, en direction d’une Unité de soins préfectorale (USP). C’est l’ambulance de campagne de la localité. A l’intérieur, une dame, commerçante de tubercules était venue pour les consultations prénatales. « Je suis dans mon septième mois de grossesse et comme la sage-femme nous l’avait recommandé, je suis venue une fois encore me faire consulter voir si mon bébé se porte bien et adopte une bonne posture », avait-elle confié.

Un peu comme madame Kombaté, nombreuses sont ces femmes de la région des savanes, qui ont recours aux tricycles pour se procurer des soins. Ceci pour plusieurs raisons.

Primo, il s’agit des coins reculés où l’utilisation des voitures est chose rare. Dans la plupart de ces hameaux, les voitures n’y vont que le jour du marché. Aucune station d’essence, des motos n’y sont pas si ce n’est pour une visite de courtoisie d’un membre de famille ou amis habitants en ville. Les populations de ces coins n’ont pour moyens de déplacements que les vélos et, porter des femmes enceintes sur des vélos pour se faire dispenser des soins est assez risqué. Avec l’appui d’Organisations internationales et certaines, non gouvernementales et associations pour la promotion des droits de la femme, des tricycles ont été rendus disponibles et ne sont utilisés exclusivement que pour les femmes en travail.

Secundo, l’accessibilité aux USP. Dans les coins et hameaux, n’existent que des pistes rurales. Et en période de pluie, l’accessibilité est encore délicate. Les tricycles par contre, arrivent bon gré malgré à tirer leur épingle du jeu avec quelques gymnastiques et l’habileté du conducteur. Et c’est l’état des pistes qui contraint beaucoup de ces femmes à se résigner à accoucher à la maison avec tous les risques que cela comporte. Les tricycles viennent donc à point nommé pour soulager les peines de ces dames.

Polémiques vaines à Vogan

Quand on parle de tricycles comme moyens de déplacement secours des femmes en travail vers des centres de soins, cela peut paraître anodin mais la situation sauve beaucoup de vies et permet surtout à ces femmes d’éviter d’avoir ni de fausses couches, ni des complications lors de l’accouchement. Une récente donation de cet engin à 3 roues dans la préfecture de Vo a suscité des polémiques vaines.

Dans plusieurs pays en Afrique, les ambulances tricycles sauvent des vies. C’est le cas au Kenya ou en Ouganda, deux pays qui ont une longueur d’avance en la matière. Au Kenya, les ambulances à trois roues sont utilisées aussi dans les grandes villes comme la première ville touristique du pays, Mombassa, également une station balnéaire. Des ONG comme Oxfam, le conseillent et le distribuent dans beaucoup de pays.

A Lomé, et dans de grandes villes du pays, les tricycles sont devenus des moyens de déplacement par excellence rivalisant par endroit même avec les conducteurs de moto taxi, communément appelés Zemidjan. Et ce pour des raisons de sécurité des passagers et la possibilité de remorquer deux voire trois personnes en même temps.

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